17 avril 2008
Noli Me Tangere
« Ne me touche pas »
C’est ce que Marie-Madeleine s’entend répondre, le
lendemain de la mise au tombeau, donc à l’aube, lorsque cette femme, après s’être écriée à la vue du tombeau ouvert et
vide, voit un homme pourvu d’une pelle et d’une bêche s’approcher, lui demande
raison de la disparition du corps, s’entend en réponse appeler par son nom,
croit reconnaître le défunt d’hier dans le jardinier d’aujourd’hui, et, de ce
fait, recherche le contact avec lui.
Comment interpréter la scène relatée dans l’Evangile
de Jean et la « résurrection » qu'elle veut annoncer ?
Qui Marie-Madeleine a-t-elle vu ?
Pourquoi croit-elle reconnaître Jésus quand elle s’entend appeler par son
nom ?
Que signifient ces paroles qu’on lui rétorque ?
Que nous apprend l’iconographie consacrée à cette
célèbre scène ?
C’est le propos
de Jean-Luc Nancy dans « Noli me tangere » Bayard (Rayon des curiosités) qui tente une
interprétation de la résurrection, une explication non religieuse dans le cadre
d’un travail sur l'art et la déconstruction du christianisme.
Pour lui la résurrection n’est ni renaissance ni
réincarnation ni palingénésie, ni vision surnaturelle. C’est juste une façon
singulière de dire la mort.
On apprend aussi des choses intéressantes sur la
signification symbolique de ces deux personnages de l’Evangile.
On s’interroge sur la vue comme toucher différé.
La Violence et le sacré René Girard
PHILOSOPHIE
Année de publication :1972
Edition :
Analysant le fait du sacrifice dans des contextes religieux de différentes cultures et époques , ainsi que dans les sociétés païennes , RG aboutit à plusieurs conclusions:
-Le sacrifice est un exutoire à la violence. Celle-ci vise un être vivant déterminé qui condense en lui-même pour la communauté diverses causes de violence en un seul élément.
Ce bouc émissaire est choisi suivant des critères visant à substituer une victime peu importante pour l'éthique de tel groupe à celle dont la disparition serait gênante. On peut choisir un animal plutôt qu'un homme.. C'est d'Abraham qui sacrifie un bélier à la place d'Isaac.
Autres cas: Jacob, se faisant passer pour Esaü, évite d'être la victime. Ulysse se dissimule sous une brebis, et le cyclope qui a décidé d'épargner le troupeau ne le sacrifie pas.
Les Nuer, tribu nilotique, vit à côté d'un troupeau de bovins auxquels ses membres attribuent les mêmes caractéristiques que les leurs : ils donnent aux animaux leurs noms. Ce double bovin de la tribu sert à tous les sacrifices qui auraient dû être perpétrés sur des membres de la tribu.
Il existe des cas de substitution impossibles : Abel sacrifiait les premiers nés du troupeau, Caïn ne pouvant rien sacrifier ne peut que se retourner contre Abel.
La victime est toujours sacrifiée pour le dieu, même dans un contexte païen Le sacrifice semble relever de l'échange. On sacrifie pour avoir un avantage, souvent pour sauver sa propre vie. Dieu réclame la monnaie de sa pièce.






